« Bon pour accord » : quelle valeur juridique sur un devis ?

Par Solène Guérin · Publié le

Stylo plume posé sur une feuille blanche vierge, un second stylo et une tasse de café sur un bureau en bois près d'une fenêtre

« Bon pour accord », suivi d’une date et d’une signature : la formule est si familière qu’on l’écrit sans y penser. Certains lui prêtent un pouvoir particulier, comme si sans elle le devis ne valait rien ; d’autres la prennent pour une simple politesse. La réalité se situe entre les deux, et elle a des conséquences très concrètes pour vous. Voici ce que dit le droit, ce que vous acceptez en écrivant ces trois mots, et les cas où vous pouvez encore revenir sur votre accord.

Ce qui engage, c’est votre accord, pas la formule

En droit français, un contrat se forme par la rencontre d’une offre et d’une acceptation. Le devis est l’offre de l’artisan ; votre signature, son acceptation. L’article 1172 du code civil pose le principe : les contrats sont consensuels, c’est-à-dire qu’ils se forment par le seul échange des consentements, sauf lorsque la loi exige une forme particulière. Et l’article 1367 précise que la signature identifie son auteur et manifeste son consentement aux obligations qui découlent de l’acte.

La mention « bon pour accord » n’est donc pas une formule sacramentelle. Elle n’en est pas moins attendue : pour les travaux et dépannages du bâtiment, Service-Public.fr indique que le client signe le devis en portant au-dessus de sa signature la mention « bon pour travaux » ou « bon pour accord ». Elle sert de preuve : elle montre que vous avez accepté ce document-là, en connaissance de cause, et pas seulement que vous en avez accusé réception.

Conséquence pratique : un devis signé sans la mention n’est pas pour autant sans effet. En cas de désaccord, ce sont l’ensemble des éléments, signature, acompte versé, travaux commencés avec votre accord, qui montreront si vous vous êtes engagé. À l’inverse, la mention ne corrige rien : écrite sous un devis flou, elle vaut acceptation d’un devis flou.

Ce que vous acceptez vraiment en signant

Votre « bon pour accord » porte sur tout le document, pas seulement sur le montant. Les postes détaillés, les fournitures, les délais, l’échéancier de paiement, les conditions générales imprimées au verso ou jointes : tout ce qui figure sur le devis signé devient la règle entre vous et l’entreprise. C’est pourquoi on vérifie les mentions obligatoires d’un devis avant de signer, et non après.

Si un poste ne vous convient pas, ne le rayez pas seul dans votre coin. Demandez à l’artisan une version corrigée, ou, pour une modification mineure, rayez la ligne et faites parapher la correction par les deux parties. Un devis modifié d’une seule main ouvre la porte à la contestation. Et si vous hésitez encore entre plusieurs offres, notre méthode pour comparer des devis de travaux vous aidera à trancher avant d’écrire la formule.

Signer à distance : courriel, signature électronique

Le même article 1367 admet la signature électronique, à condition qu’elle repose sur un procédé fiable d’identification garantissant son lien avec l’acte. Une plateforme de signature en ligne proposée par l’artisan répond en général à cette exigence.

Un simple courriel du type « c’est d’accord pour le devis » est plus fragile. Il peut servir d’indice de votre acceptation, mais il laisse souvent un doute sur la version exacte du devis acceptée. Préférez renvoyer le devis signé, scanné ou photographié lisiblement, et conservez une copie de ce que vous avez envoyé.

Pouvez-vous revenir sur votre accord ?

En principe, non : une fois le devis accepté, vous êtes engagé comme l’artisan. Il existe toutefois une exception importante. Si vous avez accepté le devis à la suite d’un démarchage, vous disposez en principe d’un délai de 14 jours pour vous rétracter, selon Service-Public.fr. Ce délai ne joue pas pour les travaux et réparations d’urgence : un dépannage signé dans l’urgence vous engage immédiatement, ce que nous détaillons dans notre guide pour éviter les arnaques au dépannage serrurier.

Hors de ces cas, renoncer à un devis signé relève d’une négociation avec l’artisan, et la nature de la somme versée à la signature compte : un acompte et des arrhes n’ont pas les mêmes effets. Si le désaccord s’installe, notre guide sur le litige avec un artisan présente les recours amiables.

Avant d’écrire « bon pour accord », relisez une dernière fois le devis en vous demandant si vous pourriez le défendre ligne par ligne devant un tiers. Si la réponse est oui, signez. Sinon, demandez une nouvelle version.

Cet article a été rédigé avec l'aide d'une intelligence artificielle.
Politique éditoriale et usage de l'intelligence artificielle